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Le Jazzfest' Chiroubles revient pour une troisième édition

Olivier, vous êtes à la fois enfant du cru, pianiste, compositeur de musiques de films et cofondateur du JazzFest’ Chiroubles : qu’est-ce qui vous a donné l’impulsion, à distance depuis Londres, de créer ce festival précisément ici, au milieu des...

6 août 2026 4 min de lecture
Le Jazzfest' Chiroubles revient pour une troisième édition

Olivier, vous êtes à la fois enfant du cru, pianiste, compositeur de musiques de films et cofondateur du JazzFest’ Chiroubles : qu’est-ce qui vous a donné l’impulsion, à distance depuis Londres, de créer ce festival précisément ici, au milieu des vignes de votre village d’origine ?

C'est avant tout mon père qui est du cru, mal mère est de Beaujeu, toute ma famille ou presque vient du Beaujolais et Chiroubles est restée pour moi un refuge, une petite terre sacrée ! C'était un peu un projet fou, celui de créer un bel événement musical dans ma région de coeur, au milieu du vignoble. Et le jazz, par ce qu'il peut avoir de magique, d'intemporel et de fascinant, mêlé à ces beaux paysages, m'est apparu comme une évidence, un jour, alors que je faisais mon jogging entre Chiroubles et Avenas dans le Haut Beaujolais !

Concrètement, qu’est-ce que cela change d’organiser un festival de jazz dans un site comme La Terrasse de Chiroubles, entre vignes, montagnes et vue sur les Alpes, par rapport à un festival en salle ou en ville : en termes de programmation artistique, de logistique et d’expérience pour le public comme pour les artistes ?

Cette année, nous avons choisi le centre de village (le clos Georges Durand) comme site principal. Il présente l'avantage d'offrir une vue magnifique sur la montagne du Haut Beaujolais, d'optimiser la logistique ,tout en permettant au public et aux artistes d'accéder facilement à l'évènement .

Entre la première édition en 2023 (400 personnes) et la deuxième en 2024 (plus de 700 festivaliers malgré la pluie), quels ont été les principaux apprentissages d’organisateur : une décision, un pari ou un raté que vous pouvez raconter et qui a façonné la manière dont vous concevez maintenant le festival ?

Il n'y a pas de secret, c'est sans aucun doute l'investissement dans la communication (encart dans les journaux, pub sur jazz radio, affiches dans les abribus de la région, etc..) qui nous a permis de faire connaître le jazzfest et d'attirer encore plus de monde.

Vous revendiquez à la fois une identité jazz et une ouverture aux « musiques émergentes », tout en mettant en avant les vins du Beaujolais : comment construisez-vous cette alchimie entre création musicale, terroir viticole et convivialité, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre ?

Pour moi c'est un peu une une alchimie qui coule de source: le jazz est la musique "des origines", de la terre , des esclaves afro-américiains

Le festival se veut écoresponsable et s’est appuyé sur un financement participatif via Kocoriko : concrètement, comment cette démarche influence-t-elle vos choix (scénographie, déplacements des artistes, restauration, jauge, partenariats locaux…) et quelles limites rencontrez-vous quand on veut rester vertueux tout en faisant grandir un jeune festival ?

L'aspect eco-responsable du festival se manifeste par une politique de recyclage systématique sur site, un choix de prestataires locaux, des groupes de musique régionaux, ou encore une dégustation de vins Chiroubles "au verre". Si on est un peu consciencieux, que l'on communique correctement sur ces valeurs, les contraintes de l'éco-responsabilité vertueuse peuvent devenir des atoûts, car cela nous permet d'obtenir plus facilement certaines subventions, d'attirer un peu plus de monde , plus de bénévoles etc..

L’édition 2026 marquera un retour au format de septembre, pour une troisième édition : à quoi doit-on s’attendre en termes d’évolution du JazzFest’ Chiroubles dans les prochaines années — envergure, identité artistique, ancrage dans le territoire du Beaujolais — et où placez-vous la barre pour ne pas dénaturer l’esprit des débuts ?

Comment ne pas être inspiré par Jazz in Marciac ou encore le festival de Glastonburry qui ont vu le jour dans le champ d'un fermier, et ont accueilli une poignée de personnes la première année. Pour devenir parmi les festivals les plus emblématiques au monde.. Mais bon, nous restons humbles et connaissons les difficultés et les challenges qui nous attendent avant de prétendre à évoluer en "gros" festival, surtout dans le contexte, économique et politique actuel, qui n'est pas franchement propice aux "petits" festival et événements culturels.

Pour finir, que diriez-vous à un amateur de jazz ou de vin qui n’a jamais mis les pieds dans le Beaujolais pour le convaincre de venir à Chiroubles en septembre 2026 : quel moment précis du festival aimeriez-vous qu’il vive absolument, et pourquoi ?

Il faut assister au coucher du soleil sur la montagne et le vignoble, vers 19h30 alors que le groupe de jazz de Nouvelle Orléans entame ses premiers titres et commence déjà à faire danser le public !

Pour en savoir plus : http://www.jazzfest-chiroubles.fr